Campagne choc de la Sécurité Routière

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Innovation pour la Sécurité Routière, qui a lancé son nouveau spot de prévention cette semaine. Bien plus long que de coutume, ce court-métrage baptisé "Insoutenable" d’une durée de 5 minutes, et qui sera diffusé exclusivement sur le Web, est plus trash et réaliste que les précédents, et montre toutes les étapes d’un accident mortel de la route.

Première étape, des jeunes qui font la fête, à grand renfort d’alcool. Puis, en parallèle, le déroulement de l’accident avec intervention des pompiers et l’annonce par des policiers, en pleine nuit, du décès de son fils à une femme. Sa diffusion se fait exclusivement par Internet.

 

picto Le nouveau spot est diffusé exclusivement sur Internet.

«L'objectif, au travers de cette histoire implacable qui donne à voir des destins fracassés, est de provoquer une prise de conscience du risque que représente le fait de conduire en état d'ivresse et de monter dans une voiture pilotée par une personne qui n'est plus maîtresse d'elle-même», explique un communiqué de la Délégation à la sécurité et à la circulation routière.

«Ce qui est nouveau et qui touche les gens, c'est de voir la réaction des gens qui survivent à l'accident» analyse Karine Berthelot-Guiet, professeur au Celsa et responsable du master Marketing-Publicité. «L'usage du story-telling c'est-à-dire raconterune histoire, favorise l'identification» rajoute la spécialiste.

Un procédé également utilisé au Royaume Uni, dans des campagnes autrement plus dures, à l’exemple de celle-ci, prévenant de l’utilisation du portable au volant, où seule la conductrice responsable de l’accident survit, et assiste au spectacle des passagers morts autour d’elle.

L'un des spots diffusés au Royaume-Uni. picto

Après une autre campagne, violente dans un autre registre, de prévention contre le tabac, on constate qu’il en faut de plus en plus pour faire réagir. «Dans une société où il faut choquer pour convaincre, ces publicités hyper réalistes vont de plus en plus loin», analyse Libération, qui rappelle que l’an dernier, déjà, le Conseil d’Ethique Publicitaire avait choisi de réagir pour prévenir de l’utilisation excessive de la brutalité pour dénoncer des actes certes intolérable.

Autre différence relevée par Le Parisien, l’absence de slogan préventif en fin de diffusion. «Elle préserve la liberté de penser de l'internaute. Au final, l'agence publicitaire a parié sur un sentiment communautaire : "Si tu as aimé cette vidéo, tu la fais tourner" ».

(Par Sandrine Magne)

D’ici la fin de la semaine, un spot concernant les deux-roues devrait également être diffusé.

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