Bettencourt : médecins mis en cause

Laure Daussy - - 0 commentaires

Le Conseil national de l'ordre des médecins vient de convoquer Gilles Brücker, figure du milieu médical français, et sa femme, Christine Katlama, également médecin, selon Médiapart. Tous deux cités dans l'affaire Bettencourt, ils sont souçonnés d'avoir enfreint le code de déontologie médicale.

Leurs détracteurs leur reprochent d'avoir pris le parti du photographe, François-Marie Banier, dans l'affaire qui l'oppose à la fille de la milliardaire, Françoise Bettencourt-Meyer. Celle-ci reproche au photographe d'avoir escroqué sa mère.

A plusieurs reprises, notamment, Brücker met en cause les certificats médicaux de ses confrères quand leurs diagnostics établissent une altération des facultés mentales de l'héritière l'Oréal, argument avancé par sa fille pour prouver l'abus de faiblesse de la part du photographe.

Lui, au contraire, estime que son état de santé est "excellent". "Il en est convaincu", cite Médiapart", "sa plainte contre son ami (ndlr: Banier) n'a pas lieu d'être : sa patiente est une personne parfaitement présente dans les conversations, parrfaitement cohérente dans ses jugements et très lucide sur ses choix à elle".

Gilles Brücker picto

De possibles conflits d'intérêt mettent en cause également Brücker. Il est devenu en 2003 l'exécuteur testamentaire de la milliardaire, chargé de veiller au respect de ses dernières volontés, une fonction qui lui a permis de recevoir une dotation de un milion d'euros. Le Monde a révélé, également, en juillet, que l'île d'Arros, aux Seychelles, propriété de Bettencourt, devait revenir à Banier, mais aussi à trois associations médicales : Orvacs, Solthis, et le Crepats. Or, Brücker n'est autre que le président d'Orvacs. Et sa femme préside de son côté Solthis. Le médecin s'était toutefois déclaré "stupéfait" dans un interview au Monde, et assurait qu'il n'avait jamais évoqué avec Bettencourt le fait que cette île revienne à son association.

Ces éléments ont donc suscité les soupçons de l'Ordre des médecins. Le Code de déontologie interdit en effet de "s'immiscer dans les affaires de famille", et la vie privée des patients (article 51), de 'profiter des dispositifs entre vifs et testamentaires faites en leur faveur" et "d'abuser de leur influence pour obtenir un mandat ou contracter à titre onéreux dans des conditions qui leur seraient favorables" (article 52), cite Médiapart.

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