Banon : "Les sept façons de vérifier sa version" (Slate)

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Sur le site américain Slate.com, le journaliste William Saletan rappelle qu'il ne faut croire ni Tristane Banon ni DSK "sur parole", mais "comparer [leurs] déclarations à des preuves". Dans l'article, traduit par Slate.fr et repris par Lexpress.fr, il dénombre les sept éléments qui pourraient, selon lui, éclairer les enquêteurs et les journalistes. En allant parfois un peu vite en besogne ?

Parmi ces éléments, l'appartement dans lequel Tristane Banon affirme avoir été agressée par Dominique Strauss Kahn. Saletan avance qu'"il devrait être possible de savoir s'il existe, et si c'est le cas, de savoir lequel de ses amis en est propriétaire. S'il existe, l'exactitude de la description de Banon[dans son interview de L'Express cette semaine, ndlr] pourra être vérifiée. Si cela concorde, Strauss-Kahn devra expliquer comment elle peut savoir à quoi il ressemble." Le journaliste oublie toutefois de rappeler que les faits remontent à 2003, et que l'intérieur dudit appartement a pu changer.

Il se demande aussi où est passé la contraventionmentionnée par Banon, qu'elle est censée avoir reçue lorsqu'elle a garé sa voiture pour l'interview qui aurait mal tourné : "L'adresse pourrait aider à localiser l'appartement, et l'heure pourrait être vérifiée par rapport à l'emploi du temps de Strauss-Kahn." Il est là aussi loin d'être sûr que la jeune femme ait pu garder un PV datant de 2003, à moins qu'elle ait envisagé immédiatement de porter plainte. De même, le fait que ses "archives téléphoniques" ne contiennent pas de SMS"provocateur" de DSK ne signifierait pas que Banon l'a inventé, comme semble le penser Saletan : en l'espace de huit ans, elle a pu changer plusieurs fois de puce et de téléphone. Il est vrai que les archives de la préfecture de police (pour le PV) ou celles des opérateurs téléphoniques (pour les SMS) pourraient aider l'enquête, pour peu que ces données soient conservées sur une période aussi longue.

Comme le relève le journaliste, c'est surtout le magnétophone de Banon qui peut confondre DSK, puisque celui-ci assure que l'interview s'est déroulée normalement. En effet, si les "affirmations [de la jeune femme] sont exactes, elle doit avoir un enregistrement où on entend Strauss-Kahn lui demander de lui tenir la main", ce qu'elle a raconté à de nombreuses reprises.

Enfin, le témoignage d'Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon, apparaît crucial. Celle-ci affirme que, lors d'une conversation, Strauss-Kahn lui a dit : "Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai pété un plomb." Or, ce témoignage de la mère n'est lié à aucune des affirmations de la fille. "C'est une citation directe de Strauss-Kahn, souligne Saletan. Comment l'explique-t-il? La mère délire-t-elle autant que la fille?"

L'occasion de (re)lire notre article retraçant l'affaire Banon.

(Par Camille Hamet)

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