Autriche : candidate d'extrême-droite poussée par un journal
Gilles Klein - - 0 commentairesElection présidentielle en Autriche : soutenue par un quotidien populaire très lu, la seule adversaire du social-démocrate Heinz Fischer, est une candidate d'extrême-droite, avec une attitude floue face au nazisme.
"Le féminisme est pour elle "une voie erronée" qui conduit à une humanité désexualisée. Mais le nazisme ? Barbara Rosenkranz, mère prolifique et candidate de choc de l'extrême droite autrichienne à l'élection présidentielle du 25 avril, a du mal à prendre clairement ses distances avec l'idéologie nazie et les révisionnistes qui nient l'Holocauste. Il lui a fallu plusieurs jours, et un tollé dans les médias comme parmi les politiques, avant qu'elle se décide à admettre l'existence des chambres à gaz." explique Le Monde |
"Sa candidature a fait débat au sein de son propre parti, le chef du FPÖ, Heinz Christian Strache, doutant de son impact sur les franges jeunes de l'électorat. Mais elle a été imposée par un leader d'opinion influent entre tous : Hans Dichand. Le tout-puissant patron du tabloïd Kronen Zeitung, lu par près de la moitié de la population, a fait l'éloge de la "courageuse mère.""N'est-elle pas la seule députée fédérale à avoir refusé le traité européen de Lisbonne, contre lequel le Kronen Zeitung avait mené, en 2008, une campagne acharnée ?" ajoute Le monde. La Une du quotidien populaire Kronen Zeitung mardi 9 mars célèbre l'Oscar du meilleur second rôle remporté par l'Autrichien Christoph Waltz |
Après ses déclarations ambigues, accusée de vouloir remettre en cause la loi Verbotsgesetz interdisant le parti nazi, et la négation des crimes nazis contre l'humanité adoptée en 1947, Rosenkranz a dû démentir formellement, soulignent , mardi 9 mars, les quotidiens Kleine Zeitung (à gauche) "exercice imposé" et Salzburger Nachrichten (à droite) "Le démenti de Barbara R".
L'occasion de relire notre observatoire sur l'influence du Kronen Zeitung sur la mauvaise image de l'Europe en Autriche
