Austérité : la presse GB en veut davantage
Gilles Klein - - 0 commentairesLes médias britanniques réagissent aux premières mesures d'austérité (6,2 milliards £ d'économies) annnoncées par le nouveau gouvernement qui demande, entre autres, "aux fonctionnaires d'éviter, autant que possible, de voyager en première classe dans les trains". Cette habitude a coûté 45 millions £ pendant l'année fiscale 2008-2009. Certains journaux trouvent ces économies insuffisantes.
"Si vous regardez de très près, vous verrez de combien il va être réduit par ces «coupes sauvages» annoncées hier" "En bas à droite on lit "(Soyez préparé pour une longue ascension)" |
"50 000 emplois menacés à cause des 6,2 milliards de £" titre le Daily Telegraph à gauche de la Une. Page 2, l'éditorial salue la "rafraichissante sincérité" de l'annonce faite hier par le gouvernement britannique mais ajoute que "l'on attend que l'on passe aux choses sérieuses". The Daily Telegraph mardi 25 mai 2010 ![]() |
"La Grande Bretagne dévoile une première vague de coupes budgétaires" George Osborne, le ministre des Finances britannique "a dit que ses visites à Bruxelles la semaine dernière lui avaient rappelé qu'il avait hérité du plus gros déficit budgétaire de tous les grands pays de l'Union Européenne et qu'il voulait commencer à le réduire immédiatement" écrit le Financial Times au milieu de la Une à propos du déficit budgétaire de 156 milliards £, en signalant dans un encadré sur fond blanc que les paris des spéculateurs contre la livre sterling atteignent des niveaux records. The Financial Times mardi 25 mai 2010 |
La Tribune interroge Olivier Blanchard, économiste en chef au FMI (Fonds Monétaire International) : "Les marchés se demandent si la Grèce va pouvoirrembourser sa dette ou non. Vu le comportement des gouvernements Grecs dans le passé, leur incertitude est compréhensible. A cela s'ajoutent les doutes sur la capacité de l'Union européenne à délivrer l'argent qu'elle a promis pour financer le gouvernement Grec. Cela n'est très probablement pas justifié mais tant que l'argent n'est pas là, l'inquiétude demeurera. (...) Le risque est en effet la que, sous la pression des marchés, certains pays fassent du zèle dans l'austérité. Ce serait une erreur. Les marchés se sont longtemps endormis sur le risque budgétaire. Aujourd'hui ils se réveillent et s'affolent. On voit des investisseurs américains qui réduisent leur position sur l'Europe quelque soit le pays. Il ne s'agit pas de spéculation, mais de comportement d'extrême prudence. Mais ce type de comportement peut amener l'effondrement des prix des obligations, et une situation de panique." La Tribune mardi 25 avril 2010 ![]() |
L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann Tabou: dangers de l'austérité, bienfaits de l'euro faible

