Au Figaro, la rédaction critique Dassault et Mougeotte (Le Monde)
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"Où en sommes-nous de l'indépendance de la rédaction
vis-à-vis de notre actionnaire ?" Bonne question, émanant d'un tract
du Syndicat des journalistes(SNJ) distribué à la rédaction du Figaro.
Selon Le Monde paru aujourd'hui, "les journalistes du Figaro, affectés par un plan de départs qui
concerne 45 d'entre eux (71 salariés en tout), se montrent de plus en plus
critiques à l'égard de la ligne éditoriale adoptée par leur journal", impulsée,
estiment-ils par Serge Dassault, industriel, sénateur UMP et propriétaire du
quotidien.
Deux
épisodes auraient particulièrement mis en émoi les journalistes. Quand Etienne
Mougeotte, directeur des rédactions, s'est rendu en Russie pour faire une
interview de Vladimir Poutine, parue dans Le Figaro du 13 septembre, il
y est allé avec Serge Dassault. Après l'interview (dont la traduction avait été "aménagée" pour rapprocher les positions de Sarkozy et de Poutine, avions-nous indiqué à l'époque), Mougeotte et Dassault ont dîné
avec Poutine. Selon Le Monde, Mougeotte a concédé mardi devant la Société
des rédacteurs "avoir fait une erreur en ne prévenant pas le
correspondant du Figaro à Moscou".
"Autre
motif de tension, indique Le Monde, «la couverture des soirées VIP en
marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York (un papier dans Le
Figaro du 24 septembre et un le 25 septembre, avec une photo de Nicolas
Sarkozy, Carla Bruni et Serge Dassault)». Cette photo a également
été publiée dans le Figaro Magazine.«Etait-il nécessaire de
faire deux grands papiers sur les soirées VIP auxquelles ont participé Nicolas
Sarkozy, mais aussi Etienne Mougeotte et Serge Dassault ?», se demande
le SNJ."
La
rédaction semble tendue. "Certains sujets ne passent plus ; il n'est
guère possible de parler des opposants au gouvernement", s'indigne une
journaliste. "Nous n'avons plus le droit de parler en mal des pays dans
lesquels Dassault fait du business et de ceux dont Nicolas Sarkozy veut se
rapprocher", constate un autre.
Mais Mougeotte, arrivé de TF1 en novembre 2007, n'est pas disposé à entendre ces inquiétudes : "L'actionnaire
n'intervient jamais au niveau de la ligne éditoriale.", a-t-il juré au
Monde.
Pour un rapide aperçu de l'adaptation de l'ex-homme fort de TF1 à la presse écrite, lisez notre dossier "Mougeotte, le style TF1 annexe le Figaro".