Après 25 mois de conflit, retour au travail au Journal de Montréal

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Les membres du quotidien québécois Le Journal de Montréal acceptent le protocole de retour au travail, après un conflit long de... 25 mois.

En janvier 2009, la direction du Journal de Montréal lançait une procédure de lock-out contre la rédaction, pour imposer un nouveau contrat de travail. La procédure, interdite en France et dans la plupart des pays européens, consiste en une fermeture de l’entreprise ou d’un service, décidée par l’employeur suite à une grève.

Suite à ce lock-out, le journal a continué à être produit, mais par les cadres de l’entreprises. Un article du quotidien québécois Le Devoir, relayé sur le site de Courrier international, ironisait amèrement en février sur cette situation: "Un journal sans journalistes, c'est donc possible. Le Journal de Montréal en fait la preuve depuis plus de deux ans.[…] Au Journal de Montréal, depuis deux ans, au lieu de surveiller et punir, les anciens petits boss s'occupent à rédiger des articles, trier des demandes d'accès à l'information, écrire des chroniques. Bref, les cadres font le travail des lock-outés, mais ils ne font pas le leur, prouvant du fait même leur inutilité. Alors, à quoi bon les garder?"

Une assemblée générale a eu lieu lundi pour mettre fin au lock-out. Après plusieurs heures de discussion, les 250 syndiqués du journal ont voté à 85,5% en faveur du protocole de retour au travail. Ce vote fait suite à une entente de principe entre le propriétaire du journal, le groupe Quebecor, et le syndicat, votée à 64,1% par les salaraiés le 26 février.

L’ambiance était loin d’être joyeuse lors de cette assemblée, plusieurs employés demeurent amers ou résignés. Paul Gauthier, membre du syndicat des employés du journal, a déclaré sur Radio-canada.ca : "J'ai l'impression d'assister à une réunion dans un salon funéraire où l'on est en train de décider ce qu'on va faire avec le corps. Pour moi, j'ai l'impression que mon syndicat est mort le 26 février et on est en train de débattre si on va l'incinérer ou l'enterrer." En effet, plusieurs points ont été discutés durant la réunion, notamment qui pourra retourner travailler, compte tenu du nombre réduit de poste. Au début du conflit, le 24 janvier 2009, ils étaient 253 syndiqués.Or, à peine 62 d’entre eux retourneront travailler et, selon le site de Radio-canada, "les candidats ne se pressent pas". Pour les autres, selon le site 985fm.ca, "le règlement prévoit une somme de 20 millions de dollars canadiens à être versée en indemnités de départ à ceux qui refusent de rentrer travailler au Journal de Montréal ou dont le poste sera aboli. Le montant versé varie selon l'ancienneté et le statut d'emploi".

Certains espèrent pouvoir continuer à travailler pour le site internet d’information Rue Frontenac, qui avait été mis sur pied par les salariés privés de travail. Mais la survie du site à long terme n’est pas assurée.

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