AppGratis, pot de terre français contre le pot de fer Apple ?

Gilles Klein - - 0 commentaires

Défendu par la ministre de l'Economie numérique, Fleur Péllerin, soutenu par les médias français face à Apple qui a retiré son application à succès de son magasin en ligne App Store, AppGratis est-il simplement une innocente victime, le petit Français face à l'ogre américain, ou bien a-t-il délibérément transgressé les règles d'Apple ?

Née en 2008, employant 40 personnes à Paris, AppGratis propose chaque jour gratuitement une application habituellement payante. Grace à l'App Store, AppGratis revendiquait 10 millions d'utilisateurs.

Un succès qui aurait attiré jusqu'à un million de téléchargements pour une seule application. Du coup AppGratis a levé 10 millions d'euros en janvier dernier pour accompagner son développement international et doubler ses effectifs.

Le conte de fées est brutalement remis en cause, le 6 avril dernier, lorsque Apple, considérant qu'AppGratis viole certaines de ses règles, supprime l'application de son App Store. AppGratis reste disponible via son site, et via sa newsletter envoyée par e-mail aux utilisateurs enregistrés, mais c'est un coup dur.

Lorsque Fleur Pellerin, ministre de l'Economie numérique s'en mêle et s'affiche aux côtés du patron d'AppGratis, l'histoire fait le tour du monde, on en parle jusqu'en Inde. AppGratis communique et se défend, mettant en avant son succès, parlant de 70 millions de téléchargements générés dans l’AppStore en 2011.


Le patron d'AppGratis, Simon Dawlat, réagit, dans le Figaro aux critiques qui l'accusent de faire de l'argent sur le dos des éditeurs d'applications : "Ce qui est déballé aujourd'hui n'a jamais été caché. Notre modèle est simple: Google vend des mots-clés sponsorisés, nous vendons des téléchargements. AppGratis a commencé en 2008, sous forme de newsletter. La base du modèle était d'aider les développeurs qui créent des applications de qualité mais n'ont pas les moyens de la promouvoir. Nous leur avons dit «donnez-nous temporairement l'application gratuitement, et on vous la met en avant».

pictoFinancial Express (Inde) 13 avril 2013

AppGratis est aussi accusé de trucage pour faire apparaître les applications de ses clients dans le top des applications, le hit parade de l'App Store, mis en avant par Apple. Dawlat est questionné par Le Figaro : "Des documents émanant d'AppGratis publiés ces derniers jours sur des blogs montrent que vous indiquez aux annonceurs le nombre de téléchargements nécessaires pour figurer dans le top de l'App Store et démultiplier le nombre de téléchargements. Servez-vous à truquer ces classements?" Dawlat répond : "Ces documents montrent en effet ce que l'on fait payer pour des téléchargements (environ 1 euro par installation en France) et le nombre nécessaire pour être dans les tops de l'App Store. Il y a deux points importants. D'abord, c'est ce que le marché recherche. Les annonceurs veulent être dans les meilleures positions, savent le nombre de téléchargements nécessaires et font des plans médias en achetant des installations."

Simon Dawlat et Fleur Pellerin Le Figaro 18 avril

Certains sites d'infos spécialisés dans le high-tech, comme le Français Macworld, qui cite l'Américain Business Insider, considèrent que AppGratis ne respectait pas les régles de l'App Store et que "La société App Gratis vendait visiblement une position dans les tops de la boutique d'applications Apple."

AppGratis a lancé une pétition en ligne qui reçu plus de 960 000 signatures, mais ne semble pas espérer être réintégré dans l'App Store« même avec 20 millions de signatures, on sait que cela ne sera pas un levier de pression sur Apple. » explique Dawlat misant sur la publicité provoquée par son éviction pour continuer à exister via son propre site web, et les abonnés à ses e-mails. Sans Apple.




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