Amazon Allemagne et ses vigiles d'extrême-droite (ARD)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Haro sur Amazon Allemagne. Un reportage en caméra cachée réalisé par la chaîne allemande ARD a dévoilé les mauvais traitements subis par des intérimaires recrutés pendant les fêtes de fin d'année. Ceci au moment où plusieurs pays européens déplorent les astuces fiscales qui permettent à Amazon d'échapper à l'impôt via une filiale basée au Luxembourg.

Tourné le plus souvent en caméra cachée, le reportage d'ARD "Ausgeliefert" est visible sur YouTube. Il montre la vie quotidienne des intérimaires recrutés pour faire face à l'afflux important de commandes reçues par Amazon Allemagne lors des fêtes de fin d'année.

Le sujet débute dans l'un des autocars qui transportent quelques-uns des 5 000 intérimaires d'Amazon Allemagne sous l'œil d'une société de sécurité. On découvre que la société en question Hensel European Security Service (HESS réputée proche de l'extrême-droite avec un nom qui rappelle celui de Rudolf Hess, l'un des responsables nazis qui entouraient Hitler) fouille aussi bien les employés eux-mêmes que le lieu où ils sont logés.

La société HESS s'était justifiée dans un communiqué (PDF) indiquant que l'entreprise se voulait "politiquement et idéologiquement neutre" et qu'entre 30 et 70% de ses employés étaient d'origine étrangère. HESS a aussi répondu aux remarques sur les tenues noires - siglées Thor Steinar une marque appréciée par l'extrême droite - et les bottes de style paramilitaire de son personnel. Amazon Allemagne a d'abord tergiversé après la diffusion du sujet avant de finalement annoncer lundi qu'il cessait immédiatement de faire appel à HESS.

Cette affaire est, en effet, très fâcheuse pour l'image d'Amazon. Avec un chiffre d'affaires de 8,7 milliards de dollars sur les 61 milliards réalisés au total dans le monde, l'Allemagne est le deuxième marché d'Amazon derrière les Etats-Unis.

Parmi les réactions, citons celle d'un éditeur, Christopher Schroer qui publie un message sur Twitter titré "Adieu #Amazon" en français dans le texte, avec un lien vers une lettre ouverte à son patron, Jeff Bezos. L'éditeur y annonce qu'il met immédiatement fin à son contrat avec Amazon.

Enfin, la ministre fédérale du Travail, Ursula von der Leyen a menacé de retirer sa licence à l'agence d'intérim qui a fourni les 5 000 employés à Amazon, souligne Der Spiegel.

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