Algérie/otages : "une guerre devenue inévitable"

Gilles Klein - - 0 commentaires

Des islamistes ont investi un site gazier de la compagnie nationale algérienne Sonatrach exploité avec deux sociétés étrangères, à proximité de la frontière libyenne, à Tigantourine. Plusieurs centaines d'employés algériens, et aussi des dizaines d'étrangers se sont trouvés pris en otage. Les forces de l'ordre ont donné l'assaut hier après-midi : des islamistes et des otages ont été tués lorsque les terroristes ont tenté une sortie. Ce matin, la presse algérienne se montre prudente et souligne l'absence de tout bilan précis fourni par Mohamed Said, ministre algérien de la communication, qui faisait, hier soir, un résumé "optimiste" de la situation.

. Plusieurs centaines d'employés algériens, et aussi des dizaines d'étrangers se sont trouvés pris en otage. Les forces de l'ordre ont donné l'assaut hier après-midi : des islamistes et des otages ont été tués lorsque les terroristes ont tenté une sortie. Ce matin, la presse algérienne se montre prudente et souligne l'absence de tout bilan précis fourni par Mohamed Said, ministre algérien de la communication, qui faisait, hier soir, un résumé "optimiste" de la situation.


Le Soir d'Algérie donne des détails précis sur les attaques terroristes :

«Ils ont lancé plusieurs attaques. La première visait l’unité de traitement qui se situe à 5 kilomètres de la base-vie. L’opération s’est produite au moment de la relève des équipes, soit vers 5h 40. Le bus qui transporte les ingénieurs et techniciens étrangers a été braqué par un premier groupe armé. Les gendarmes chargés de l’escorte ont riposté et il semblerait qu’il y ait eu des victimes à ce moment-là. Au même moment, d’autres éléments armés ont utilisé une voiture bélier, un tout-terrain renforcé de plaques d’acier, pour défoncer le portail de l’usine. Nos collègues nous ont expliqué que les terroristes plaçaient des engins explosifs au fur et à mesure qu’ils prenaient possession des lieux. D’autres groupes ont également attaqué les bases-vie de sociétés sous-traitantes situées à proximité de la nôtre. Ils ont pris en otage des ressortissants étrangers, notamment des Japonais.»


Liberté estime que les pays concernés n'ont pas bougé face à l'implantation des groupes terroristes dans le Sahel, et que la guerre était devenue inévitable.

"En dix ans de mise en place de la base terroriste du Sahel, le monde a fait montre d’une étonnante indolence. (...) La guerre en cours a été imposée à l’initiative des groupes terroristes qui, rappelons-le, ont enfourché l’offensive des mouvements touareg avant de les soumettre, puis décidé d’aller au-delà de l’espace Azawad, et de progresser vers Bamako. La France, pour l’heure presque seule à assumer la riposte, fait une guerre devenue, depuis dix ans, inévitable. Ce qui est arrivé à In Amenas aurait pu arriver à n’importe quel moment, durant ces dix ans. “La solution politique”, quand on la poursuit trop longtemps, finit par profiter aux forces belliqueuses. Au terrorisme islamiste, dans le cas présent. À trop hésiter à faire la guerre, on finit par la subir. Après l’avoir longtemps éprouvée, c’est encore l’Algérie qui semble contrainte de la subir à nouveau."

El Watan détaille les unités qui seraient engagées contre les islamistes Groupement d’intervention spéciale (GIS) des éléments de la DSI, Détachement d’intervention de la Gendarmerie nationale, et des unités de régiments de parachutistes. Le quotidien s'étonne un peu : "Un «nombre important de terroristes neutralisés, d’otages libérés, quelques morts et quelques blessés». C’est sur ce résumé optimiste que le ministre de la Communication, Mohamed Saïd, a annoncé la fin de l’assaut mené hier par les militaires."

Comment les terroristes ont-ils pu arriver jusqu'au complexe qui compte au total 8 000 travailleurs se demandent certains cités par El Watan :

"Du côté des otages, certains, comme Lyès, libéré avec une quarantaine de collègues mercredi, aimeraient aujourd’hui comprendre comment un tel drame est arrivé. «Si les terroristes ont pu entrer aussi simplement sur notre base, sécurisée, c’est qu’ils ont profité de complicités», assure l’ingénieur de division technique du site gazier. Comment ont-ils fait, s’interroge-t-il, pour passer le premier check-point de la gendarmerie, à 10 kilomètres avant l’entrée de l’usine, sur la route d’Illizi, et le barrage fixe mis en place sur la route secondaire qui mène à l’usine?»"

El Watan évoque aussi les critiques sur la non-communication reprochée au gouvernement algérien en direction des autres pays concernés :

"A Alger, une source proche des militaires assure pourtant qu’Alger «n’est pas parti seul au front» et que «les Américains comme les Français avaient donné leur aval». Mohamed Saïd a justifié le lancement de l’opération militaire en expliquant que «la recherche d’une solution pacifique pour un dénouement heureux» avait d’abord été privilégiée. Face aux critiques, le ministre a également indiqué que le gouvernement algérien était en «contact permanent» avec les pays dont des ressortissants étaient entre les mains des ravisseurs, pour les «tenir informés» de l’évolution de la situation."

Lire sur arretsurimages.net.