Algérie : les silences de Hollande et Bouteflika

Gilles Klein - - 0 commentaires

Hollande a parlé en Algérie des méfaits de la colonisation. Mais son alter ego, le président Bouteflika, n'a prononcé aucun discours, remarque le quotidien algérien Liberté. D'autre part, les observateurs soulignent que Hollande a évité de parler de la Syrie afin de ne pas froisser Bouteflika, et qu'il s'est trompé dans une citation.

Dans un point de vue, signalé par Courrier International et publié en dernière page du quotidien algérien Liberté dimanche 23 décembre, Mustapha Hamrouche s'étonne du silence du président algérien lors de la visite de François Hollande en Algérie :

"C’est étrange cette façon d’organiser l’accueil : il y a deux chefs d’État quand il s’agit de cérémonials et de bains de foule et un seul quand il s’agit de s’exprimer. Tout se passe comme si notre État est là quand il s’agit pour nous d’applaudir et qu’il n’y a plus que l’État invité quand il s’agit de l’interpeller. On veut bien, mais à partir de quelle position algérienne officielle ?"
"La France a dit ce qu’elle avait à dire sur la question de la mémoire coloniale alors que les autorités algériennes ont tu la demande de repentance sans nous dire si elles s’en… repentent ou s’il s’agit d’un simple repli tactique. À partir de maintenant, les Algériens auront à se débrouiller avec le message clair, et peut-être insuffisant, de l’État français et la non-position de leur État. En campagne pour 2014, notre pouvoir n’a pas le temps de s’occuper de mémoire."

Dans son discours algérien, Hollande a passé la Syrie à la trappe, souligne Jeune Afrique :

"Entre le texte du discours distribué à la presse française et l'allocution prononcée le 20 décembre, le passage sur la Syrie est passé à la trappe. Hollande avait prévu de rappeler que l'Algérie et la France « ont participé à la réunion récente des Amis du peuple syrien » (le 12 décembre à Marrakech) et que les deux pays devaient aider « les Syriens à trouver la voie de la liberté ». Côté algérien, on ne souhaitait pas faire de publicité à la rencontre marocaine, ni cautionner la position française. "

Jeune Afrique note, par ailleurs, que Hollande a attribué une citation au Sénégalais Senghor alors que l'expression citée est de Kateb Yacine, célèbre écrivain algérien.

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