Al Jazeera : "Deux poids, deux mesures" (El Watan)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Deux journalistes connus ont démissionné de la version arabe d'Al Jazeera. Selon le quotidien libanais AsSafir, le tunisien Ghassan Bendjeddou, responsable du bureau de la chaîne au Liban (il était auparavant à Téhéran) et le syrien Faycal Kacem, qui présentait une émission très célèbre depuis 1997, dénoncent les partis-pris de la chaîne basée au Qatar. Un journaliste arabe avait fait de même dans Libération. Alors qu'elle a largement couvert les révolutions arabes, voire contribué à leur éclatement, Al Jazeera est restée très discrète sur les manifestations à Bahreïn, voisin du Qatar. Le quotidien algérien El Watan revient sur les positions d'Al Jazeera.

"C’est l’Emir Hamd bin Khalifa al Thani qui est le principal financier d’Al Jazeera et il ne s’en cache pas, même si la chaîne connaît des déficits récurrents depuis son lancement.

L’Emir dit qu’il n’a aucune influence sur les choix éditoriaux, alors qu’il est établi que le traitement de l’actualité obéit à la politique étrangère de ce petit émirat de 1 600 000 âmes dont seulement 400 000 nationaux.Ce qu’il convient de dire, c’est que la chaîne Al Jazeera ne diffuse guère les thèmes qui contrarient le pouvoir à Doha. On l’a bien constaté lors de la couverture des événements du Bahreïn et en faisant l’impasse sur d’autres faits tout aussi importants. A l’évidence, certains sujets sont tabous. Et cette mise en sourdine contraste avec le zèle affiché par la chaîne lorsqu’il s’agit de diffuser en exclusivité les messages d’Al Qaîda dont Al Jazeera s’enorgueillit d’être la boîte aux lettres, en tous cas le relais privilégié."

"Pour le sociologue Nacer Djabi: «ll est indéniable qu’ Al
Jazeera a joué le jeu du changement des régimes arabes en prenant des positions fermes, parfois au détriment du professionnalisme. Il n’y a pas de chaînes de télévision neutres. Al Arabya a montré sa tendance dans la crise du Bahreïn en épousant les thèses saoudiennes. France 24 s’est rangée carrément aux côtés des insurgés libyens.
Al Jazeera, malgré ses partis pris et ses manques, fait preuve tout de même de professionnalisme, en s’ouvrant sur tous les avis et en se basant sur la liberté d’expression.
Il n’y a pas de chaînes de télévision neutres. Al Arabya a montré sa tendance dans la crise du Bahreïn en épousant les thèses saoudiennes.»"

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