"Agence France-Frousse" : syndicats AFP divisés
La rédaction - - 0 commentairesAprès la tribune accusatrice de Laurent Joffrin, qui a appelé l'AFP "l'Agence France-frousse" pour avoir tardé à relayer le "scoop" du journal sur le milliard d'euro provisionné par la BNP pour la rémunération de ses traders, la direction de l'AFP réagit vigoureusement mais les syndicats de l'agence dénoncent certains "jugements hiérarchiques effectivement marqués au coin des ambitions et de la servilité".
Après la tribune accusatrice de Laurent Joffrin, qui a appelé l'AFP "l'Agence France-frousse" pour avoir tardé à relayer le "scoop" du journal sur le milliard d'euro provisionné par la BNP pour la rémunération de ses traders, la direction de l'AFP réagit vigoureusement mais les syndicats de l'agence dénoncent certains "jugements hiérarchiques effectivement marqués au coin des ambitions et de la servilité".
"Une insulte". C'est ainsi que le directeur de l'information de l'AFP, Philippe Massonnet, a réagi à la tribune de Laurent Joffrin. "Les journalistes de l’AFP [...] risquent leur vie aux quatre coins de la planète pour que le pluralisme de l’information existe. L’un d’eux est actuellement en prison. Vous vous attardez sur trois cas, pris parmi des centaines de dépêches que nous diffusons quotidiennement, pour nous reprocher notre «complaisance»" proteste-t-il dans une texte publiée par Libération.
La réaction des syndicats en revanche permet d'en apprendre plus sur la manière dont a été traité le "scoop" de Libération en interne.
Libération, moins digne de confiance que les echos ?
Alors qu'ils protestent contre le projet de réforme de l'agence, ils se sont saisis de cette affaire pour dénoncer un manque d'indépendance de la direction, indique Rue89.
Le SNJ-CGT-AFP détaille la version qui a été donnée par la direction pour justifier le retard de 12 heures avant que l'information ne soit relayée :
"Que l’AFP cherche à vérifier, aussitôt connue, la véracité d’une information publiée par un média, quoi de plus normal. Qu’elle retienne pendant douze heures une info de nature à faire la Une de l’actualité [...] en est une autre. La rédaction en chef faisant valoir que la banque, contactée, a aussitôt démenti cette information (pour la confirmer le lendemain!), que n’a-t-elle décidé de publier l’info de Libé assortie du démenti de BNP-Paribas, comme l’AFP le fait si souvent selon une méthode éprouvée?
En conférence de rédaction vendredi, le rédacteur en chef France a fait valoir que Libération n’était"pas un média spécifiquement économique". [...] Le traitement - à ses débuts en tout cas - réservé par l’AFP à cette affaire, à la demande ou avec l’aval de la rédaction en chef, donne immanquablement le sentiment que nous avons cherché à protéger la BNP-Paribas"
Le SNJ en revanche juge la réaction de Libération inadmissible :
Il est tout aussi inadmissible d’accuser les agenciers, prudents par nature, d’une éventuelle connivence avec la BNP ou la Société générale et inacceptable de ressortir l’affaire des propos de Sarkozy sur Zapatero qui, hors volonté polémique, ne prêtaient pas à l’interprétation qui en a été faite par Libération.
Mais il ne s’agit pas pour autant de se dédouaner de toute responsabilité sur plusieurs incidents rédactionnels [...] Certains ont été dus à des manques d’effectifs (or la direction cherche encore à les réduire!), d’autres à des jugements hiérarchiques effectivement marqués au coin des ambitions et de la servilité."
Pour le SNJ-CGT l'explication du ton polémique de Laurent Joffrin est limpide : "il cherche du côté de l’AFP un débouché médiatique à la politique de "coups" journalistiques qu’il a inaugurée depuis son arrivée".
Vous avez raté le début de la polémique ? @si vous raconte pourquoi ce scoop de Libération a eu du mal à se retrouver dans tous les médias.