Adler : "La Tunisie n'était pas un pays monstrueux" (Nice Matin)
Gilles Klein - - 0 commentairesLe chroniqueur Alexandre Adler était à Nice la semaine dernière, où il a répondu aux questions de Nice Matin sur la chute de Ben Ali, et sur ses positions personnelles.
Regrettez-vous d’avoir évoqué en 2009 les « acquis démocratiques » de ce pays ? C’était peut-être excessif. (...) Mais je maintiens que la Tunisie qu’il incarnait bon an mal an était – et demeure – une expérience encourageante au Maghreb. Si cette société n’était pas une démocratie, elle n’était pas non plus son contraire. Je pense à l’émancipation des femmes, à l’instauration d’un Code civil, à la priorité donnée à l’éducation avec la création d’une élite cultivée et l’alphabétisation totale de la population. La captation des richesses par le clan Trabelsi ? L’emprisonnement des opposants ? On savait effectivement que le clan mettait en coupe réglée l’État et qu’il pratiquait l’intimidation. Mais j’ignorais à quel point ces canailles se comportaient comme des doryphores. (...) Nous assistons d’ailleurs en Tunisie à une Révolution de la prospérité mal répartie et non à une Révolution de la misère. Avez-vous de l’indulgence ? Même dans la pire période de Bel Ali, les Tunisiens ont toujours été plus libres que leurs voisins algériens ou marocains.
Nice Matinvendredi 28 janvier 2011 |
