Adhésions UMP : Bertrand promet la transparence, sans l'appliquer
La rédaction - - 0 commentairesLes chiffres des nouveaux adhérents de l'UMP sont moins "transparents" que promis.
Le 5 janvier dernier, Xavier Bertrand annonçait "40 000 nouveaux adhérents" UMP en 2009, pour un total de plus de 250 000. Et, en vantant une transparence totale, il affirmait que le nombre d'adhérents au parti majoritaire "dans chacun des départements" serait rendu public. Cette opération devait s’appuyer sur des documents irréfutables : les "reçus fiscaux qui sont délivrés par le fisc chaque année".
Regardez Xavier Bertrand annoncer son "opération transparence" sur Canal + Mais le secrétaire général de l'UMP joue sur les mots. Certes, 40 000 personnes ont pris leur carte d'adhérent à l'UMP au cours de l'année 2009... Mais Bertrand fait l'impasse sur les 60 000 personnes qui ont quitté le parti la même année. Résultat : le mouvement populaire a en fait perdu 20 000 adhérents en un an ! C'est Marine Turchi, journaliste de Mediapart, qui le rappelait hier sur son blog : "Comment l'UMP a-t-elle pu passer de 273 000 à 253 000 adhérents en 2009 en gagnant «40 000 nouveaux adhérents» ?" |
Lundi, les deux porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé ont confirmé ces chiffres : 253 645 adhérents au 31 décembre 2009, contre 273 000 l'année précédente. Une chute expliquée, selon Frédéric Lefebvre, "pour des raisons qui tiennent à la vie", car "des gens sont décédés"...
Turchi souligne également une autre bizarrerie de chiffres : fin octobre 2009, on dénombrait 228 740 adhérents. Deux mois plus tard sur Canal, Bertrand annonçait triomphalement "un peu plus de 250 000 adhérents". |
"Comment le parti présidentiel a-t-il pu enregistrer une hausse des adhérents de 25 000 (soit 10%) en seulement deux mois ?", s'interroge la journaliste. Qui note que Dominique Paillé a tenté de justifier tant bien que mal : "Il y a toujours un décalage entre le moment où une adhésion est signée dans les fédérations et celui où elle est enregistrée au siège à Paris."
(Par Colin Bertier)

