Acrimed et "les fidélités de Demorand"

Sébastien Rochat - - 0 commentaires

Feu sur Demorand ! Le site Acrimed vient de mettre en ligne une charge contre l'animateur, passé pendant l'été de France Inter à Europe 1. Si la Société des journalistes de Radio France n'avait pas été tendre avec Demorand, considérant qu'il avait "trahi le camp qui l’a fait roi sans sommation et sans en avoir informé ceux qui lui faisaient aveuglément confiance", ce n'est rien comparé à l'attaque d'Acrimed qui ironise sur "les fidélités de Nicolas Demorand" en assurant qu'il mélange un peu trop les genres, quitte parfois à flirter avec le conflit d'intérêts. "Un tissu de mensonges" selon Demorand, que nous avons contacté.



C'est peu dire qu'Acrimed n'apprécie par Nicolas Demorand. Dans une longue liste à charge, le site de critique des médias dresse le portrait d'un journaliste qui aurait une fâcheuse tendance à mélanger les genres, entre ses activités de journaliste et son poste de directeur de collection au Seuil, pour cultiver ses réseaux.

Un seul exemple : la liste des auteurs reçus par Colombe Schneck dans son émission "J'ai mes sources", qui était intégrée à la matinale d'Inter présentée par Demorand. Acrimed a relevé que les auteurs de la collection "Médiathèque" au Seuil (collection créée et codirigée par Demorand depuis 2008) auraient été surreprésentés dans cette émission. Et le site de recenser minutieusement tous les passages de ces écrivains avant de conclure que "peu d’auteurs et de collections de sciences sociales et a fortiori d’analyses des médias ont joui d’un tel privilège". Faut-il y voir la main de Demorand ? Contacté par @si, le journaliste réfute en bloc :"Colombe Schneck faisait ce qu'elle voulait, elle était autonome. C'est elle qui composait ses plateaux, je ne faisais que la relancer. Je n'étais pas rédacteur en chef de J'ai mes sources".

Autre angle d'attaque d'Acrimed : l'autopromotion du journaliste par ses propres collaborateurs. En mai 2008, Le JDD publie un portrait très flatteur de Demorand dans lequel il est présenté comme "brillant", "bosseur", ayant une "jubilation intellectuelle communicative". L'auteur de l'article, un certain Jonathan Bouchet-Petersen, n'est pas inconnu relève Acrimed puisque ce même Bouchet-Petersen est "dans l’équipe des attachés de production du 6.30/10 de France Inter présenté par Nicolas Demorand jusqu’au 2 juillet 2010". En clair, Acrimed croit avoir décelé une connivence douteuse. Là encore, Demorand réfute, l'embauche de Bouchet-Petersen étant postérieure à l'article. "Quand il a rédigé le portrait dans le JDD, on ne travaillait pas ensemble, je ne l'avais jamais rencontré. Par la suite, il s'est retrouvé au chômage et je l'ai embauché. C'est aujourd'hui l'un de mes plus proches collaborateurs. Il est titulaire d'une carte de presse et il m'a accompagné pour le 18-20 d'Europe 1."

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