A nouveau mis en cause, Berlusconi prêt à "tout abandonner" ?

Gilles Klein - - 0 commentaires

Tandis que deux témoignages de jeunes filles confirment le caractère scabreux des soirées chez Berlusconi, le Parlement italien a approuvé un projet de loi diminuant le délai de prescription après un délit. Si le Sénat l'adopte, la loi aidera Berlusconi à échapper à certaines poursuites. La presse italienne consacre plusieurs pages à ces nouveaux développements. Exemple avec La Stampa d'aujourd'hui, qui cite une rencontre entre le Premier ministre et la presse étrangère, où il aurait laissé entendre qu'il avait décidé de ne pas se représenter.

La Stampa signale que l'opposition dénonce "une amnistie masquée". Mais raconte d'abord, dans la première double page, que Berlusconi a reçu la presse étrangère (à l'exclusion de tout journaliste italien) et le cite: "«La justice en Italie est un cancer, une métastase, ils veulent m'humilier et me détruire, m'obliger à quitter le pays.» Et il compare certains magistrats aux Brigades Rouges, ce qui est franchement scandaleux. Mais nous sommes habitués aussi bien en Italie qu'à l'étranger à ce genre d'excès qui n'étonne plus. L'attention faiblit jusqu'au moment où le Cavaliere dit «A ma place qui n'aurait pas envie de tout abandonner ?»."

Ensuite les versions diffèrent, souligne la Stampa : "John Hooper, correspondant du britannique Guardian, qui réside depuis longtemps en Italie n'a pas de doutes : «Berlusconi a annoncé qu'il ne participera pas aux élections de 2013, et indiqué que son parti devait soutenir Angelino Alfano.»" La photo du milieu montre Berlusconi avec Alfano, son actuel ministre de la Justice.

Dans la deuxième page, un autre article cite "Dominique Douglas, correspondant du Point, en Italie depuis 18 ans. Avec trente autres confrères, il a été invité à dîner avec le Premier ministre à l'hôtel Parco dei Principi à Rome. Une réunion organisée par le «Petit Club de la presse», interne à la presse étrangère et coordonné par Dennis Redmont, ancien responsable de l'Associated Press en Italie, qui a provoqué quelques plaintes parmi les nombreux journalistes étrangers qui n'ont pas pu participer à cette soirée. Pour nos collègues étrangers, une rencontre face à face avec le Président du Conseil est très rare, on se souvient qu'il y en a eut qu'en 1994 et en 2001."

Dans une autre double page consacrée aux procès en cours, la Stampa constate que personne n'est sûr de l'effet exact du projet de loi qui a été adopté par le Parlement. Cette loi inquiète aussi bien les adversaires de Berlusconi, qui pourrait en bénéficier, que les familles des victimes d'un accident ferroviaire à Viareggio, celles du tremblement de terre de l'Aquila, ou les plaignants dans divers scandales financiers.

La deuxième page évoque le témoignage devant le parquet de Milan de deux jeunes filles, "Ambra et Chiara", qui ont participé à une soirée organisée dans la villa de Berlusconi à Arcore, dans la nuit du 22 au 23 août 2010. Ambra et Chira ont été amenées chez Berlusconi ce soir là par son ami, Emilio Fede, présentateur du journal télévisé TG4 du midi et soir sur Rete 4 (chaîne TV du groupe Mediaset, propriété de Berlusconi) qui leur aurait promis qu'elles deviendraient présentatrices de la météo.

La quinzaine de personnes présentes étaient quasimment toutes des femmes. Selon Ambra dès le début, une statue avec un sexe masculin circule tandis que certaines filles montrent leur sein, et touchent le patalon du Premier ministre, qui demande ensuite si elles sont prêtes pour le "bunga bunga". Les deux jeunes filles parlent d'une salle transformée en discothèque au sous-sol, où certaines invitées dansent de manière suggestive et les invitent à se déshabiller. Ambra et Chiara demandent à rentrer chez elles, tandis Fede leur dit qu'elles ne présenteront pas la météo sur sa chaîne. Les avocats de Berlusconi démentent et déclarent que le récit des deux jeunes filles est dénué de tout fondement.

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